Le Saugeais

Un val, une abbaye, une seigneurie… tels sont les éléments majeurs de la spécificité du Saugeais. Dans la haute vallée du Doubs, en aval de Pontarlier, des chanoines réguliers de saint Augustin, répondant à l’appel des sires de Joux, fondèrent au début XIIe siècle l’abbaye de Montbenoit, du nom de l’ermite Benoît, qui les aurait précédés en ces lieux. Installés dans une contrée jusque là inhabitée, les religieux favorisèrent la colonisation de cette terre appelée, pour la première fois en 1199, « Val del Saugey ». Apparurent alors villages et hameaux relevant de la juridiction seigneuriale de l’abbé, et constituant une seule paroisse où officiaient les chanoines. Cette unité politique et religieuse suscita un sentiment de communauté, qui s’exprima dans les coutumes, le dialecte et l’histoire du pays ; elle forgea aussi le caractère des Saugets, confrontés à des conditions de vie parfois difficiles.

Avec la création d’églises vicariales (XVIIe siècle), l’affranchissement de la mainmorte (1744), l’ouverture sur l’extérieur et l’exode rural, le Saugeais faillit, en voyant s’estomper son unité et ses particularismes, perdre son identité, voire son âme. C’est alors qu’une réaction s’opéra, symbolisée par la naissance, en 1947, de la République du Saugeais, regroupant douze communes du canton.